Foules

Période de composition : 1922-1923 – Orchestré pendant l’été 1924

Création : 8 février 1925

Dédié : « A ma femme » (1923 est l’année du mariage de P-O Ferroud avec Hélène Coullet, dite ensuite Jolaine Ferroud)

Nomenclature des instruments :
Petite flûte
2 flûtes
2 hautbois
Cor anglais
2 clarinettes en La
Clarinette basse
Saxophone alto en mi bémol
2 bassons
Contrebasson
4 cors en fa
Petite trompette en ré
3 trompettes
3 trombones
Tuba
Timbales
Caisse claire
Tambour de basque
Triangle
Cymbales
Grosse caisse
Tam-tam
Xylophone
Jeu de timbres
Célesta
2 harpes
Piano
Premiers violons
Seconds violons
Altos
Violoncelles
Contrebasses

Editeur : Durand & Cie

L’auteur a voulu traduire les mouvements des hommes, sans mystique, sans littérature, bref la foule en soi « comme la représenterait un film simultanéiste qui serait composé d’un très grand nombre d’images brèves mais typiques…moutonnement confus, piétinement grégaire, va-et-vient incertains, ruées farouches et irrésistibles » « J’ai taché, dit encore l’auteur, d’ordonner ces forces aveugles et incohérentes, d’en extraire le rythme profond qui est le rythme même de l’humanité ». Mais il ne faut y chercher aucun élément pittoresque. Il s’agit donc d’une synthèse purement musicale. (…) C’est ainsi que [l’auteur] a systématiquement évité tout ce qui frisait l’épisode et aurait ainsi fragmenté la construction de l’ensemble.

Les deux premiers thèmes – dont le premier est comme ramassé sur lui-même – assument à eux seuls par leurs jeux et leurs métamorphoses, le développement de la moitié de l’œuvre.

Un troisième motif n’apparait d’abord qu’accessoirement, à titre de divertissement, pour intervenir ensuite en un fugato énergique qui, peu à peu, prépare et mène à la péroraison finale où tous les éléments se trouvent superposés, le second dominant aux trompettes. Ce fugato est libre, en ce sens que les entrées ne s’y font pas aux intervalles traditionnels ; la forme du contrepoint essaie de s’affranchir de tout ce qui pourrait s’approcher du procédé ; une unité d’ensemble règne par l’affirmation de la tonalité en si bémol, majeur ou mineur, qui plane d’un bout à l’autre de la partition.

Sous le rapport dynamique, le mouvement général doit aller quasi d’un seul trait du commencement à la fin, comme un immense accelerando auquel la conclusion seule apporte l’apaisement. Il y a bien un palier au centre de l’œuvre, mais malgré cela on doit sentir la poussée fondamentale qui emporte l’ouvrage.

L’instrumentation donne la plupart du temps le pas aux instruments à vent sur les instruments à cordes. Les cuivres sont traités plutôt comme individus que par paquets. La batterie est modérée de façon à ne rien écraser ; seule la caisse claire joue un rôle important, celui qu’elle a dans le jazz.

(Extrait du catalogue de Claude Rostand – Editions Durand & Cie)

Notes du compositeur concernant les instruments :

  • La clarinette basse est écrite une seconde au-dessus de la note réelle.
  • Le saxophone alto est écrit une sixte au-dessus de la note réelle. Dans le cas où cet instrument n’existerait pas dans un orchestre, il est prévu des remplacements par la flûte et le trombone en sourdine.
  • Le contrebasson est écrit une octave au-dessus de la note réelle.
  • Les cors en fa sont écrits en clé de fa comme en clé de sol une quinte au-dessus de la note réelle.
  • Trois exécutants suffisent à la batterie.
  • Deux exécutants suffisent pour le xylophone, les timbres et le célesta.
  • Le xylophone est écrit à la hauteur réelle.
  • Le jeu de timbres est écrit deux octaves au-dessous de la note réelle.
  • La seconde harpe ne joue qu’à l’indication « à deux ».

 

 

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